Retour sur le Digiworld Summit 2014

Retour sur le Digiworld Summit 2014




J'ai eu le privilège d'assister aux deux journées du DIGIWORLD SUMMIT 2014 organisé par l'IDATE. La 36ème édition... rien que ça! Cette année le titre de l'évènement était Mobility Reloaded. Que dire d'un tel rassemblement sinon qu'il devrait être remboursé par la sécurité sociale tant il fait du bien au moral! Certes, c'est le passionné de nouvelles technologies qui s'exprime, mais au delà même de constat, qu'il est doux de se plonger dans une bulle d'optimisme, de confiance et de force de conviction. 
 

Dans une société où le désarroi, le pessimisme et le doute envahissent les écrans de nos télévisions tous les jours à 13h et 20h, assister à un tel déferlement d'annonces de nouveautés et de progrès, avec leur lot de conséquences positives sur l'économie, est une bénédiction. J'ose sans aucune prudence redire et réaffirmer haut et fort ce que je dis déjà depuis longtemps : nous connaîtrons dans les années à venir, à nouveau, une très forte croissance économique et celle-ci sera générée par l'innovation notamment numérique. Et tant pis si je passe pour un fou ou un idiot, j'ai cette conviction profondément ancrée en moi. La révolution industrielle du 19ème et du 20ème siècle n'a pas seulement bouleversé notre manière d'envisager l'économie mondiale : elle a aussi ancré très en profondeur dans nos subconscients des dogmes de développement économique qui sont aujourd'hui totalement dépassés, ce que nos dirigeants ont du mal à percevoir. Songer à une situation compromise pour l'avenir, c'est axer sa réflexion sur ces dogmes. Quand on se lamente par exemple sur la disparition de l'outil productif industriel français et qu'on se bat pour le faire revenir, sans doute est-on dans l'erreur de la sacralisation de ces dogmes pourtant datés. 

Comment ne pas voir que tous les indicateurs de l'innovation sont au vert? Oui les problèmes sont nombreux mais le rouleau compresseur de l'innovation est en marche, avec une puissance dont on mesure mal l'intensité quand on a pas cette culture... allez j'ose le mot... cette culture Geek qui même débarrassée de son admiration béate, vous colle  tout simplement la chair de poule quand on songe aux 5 à 10 prochaines années. Grâce aux innovations numériques les laboratoires de recherche sont aujourd'hui des chambres d'étudiant, les équipes se font et de défont aussi facilement qu'un projet se monte (...et se démonte) au cours d'un Start-Up week-end, les compétences s'échangent et se rencontrent à la vitesse d'un échange de mail ou d'une visioconférence. Les barrières tombent les unes après les autres. Ces barrières qui rendaient,  il y a encore quelques petites années,  impossible l'accès à la conception, l'industrialisation, la commercialisation et la distribution de biens ou de services. 

Il y a eu la révolution industrielle. La révolution qui a déjà commencé n'est pas seulement une révolution numérique : elle est la révolution des possibles. Plus aucune idée n'est susceptible de rester sur le bord de la route dès lors que son géniteur a la détermination requise pour l'amener à son terme et poser sa brique sur l'hôtel de l'économie. 

Je me fous des théories économistes pessimistes, de tous ces pseudo-experts prétentieux qui ne savent souvent même pas allumer un ordinateur, qui présentent le web et les réseaux sociaux comme la réunion des médiocrités et de la non-culture. Ceux-là n'ont pas compris que si l'économie de marché a pris le pas sur l'économie dirigiste, elle commence elle même à muter en cette nouvelle économie qui bouscule, bouleverse les schémas établis et avec laquelle les grands acteurs devront de plus en plus composer : une économie rock and roll, folle et délirante où le mot "entreprendre" deviendra indissociable du verbe "oser". Quant aux grincheux tenanciers de la théorie du chaos, laissons les subir l'inversion des savoirs quand par exemple leurs petits-enfants leur expliquent comment utiliser un smartphone alors qu'eux-mêmes ne l'ont appris qu'intuitivement... Ils comprendront peut être plus tard et iront en débattre sur les plateaux télés en expliquant qu'ils savaient...

Si beaucoup ont échoué parce qu'ils n'ont pas commencé par le rêve comme l'a écrit un auteur qu'on a trop souvent confondu avec un homonyme anglais mondialement connu, nombreux seront demain ceux qui réussiront parce que, justement, ils auront d'abord commencé par rêver. C'est cela la révolution du numérique : balayer les frontières de l'impossible. Rêver appartiendra de moins en moins au monde du sommeil et va progressivement rejoindre le monde de l'économie, de l'entreprise.

Par delà les slides présentant les chiffres, les statistiques, par delà l'étude des marchés actuels ou futurs, par delà les objectifs commerciaux et financiers, c'est cette notion d'économie du possible qui commence à enfoncer profondément ses racines chez les jeunes étudiants/entrepreneurs (faut-il encore distinguer?). 

Je suis né en 1974. Je suis un enfant de la crise. Mais j'emmerde la crise! Cette vieille bique poussiéreuse va bientôt prendre sa retraite grâce au numérique et l'évolution des nouvelles technologies.

Oui, vraiment, j'en suis totalement convaincue, "we ain't seen nothing yet"...



 
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